Métiers en S : liste par secteur, salaire et formation

Métiers en S : liste par secteur, salaires et formations

Secrétaire, soudeur, sage-femme, sophrologue : les métiers en S couvrent des univers professionnels qui n’ont presque rien en commun, sinon leur initiale. Chercher la liste complète a du sens pour un devoir d’orientation. Elle en a beaucoup plus quand vous cherchez une piste professionnelle sérieuse, avec des salaires et des débouchés vérifiables derrière chaque intitulé. Dans la continuité des métiers en R, le classement qui suit s’appuie sur les offres réellement déposées auprès des employeurs et sur les niveaux de diplôme exigés à l’entrée. De quoi séparer ce qui recrute vraiment de ce qui fait seulement joli sur une liste alphabétique.

Les métiers en S du soin et de l’accompagnement

Le soin concentre les deux extrêmes du spectre. D’un côté, une profession verrouillée par un diplôme unique, où le nombre de postes ouverts reste étroit. De l’autre, une fonction administrative qui absorbe des milliers de candidatures chaque année sans exiger de parcours long. Entre les deux subsistent quelques métiers en S plus confidentiels : soigneur animalier, sophrologue, surveillant de nuit en établissement médico-social. Ils recrutent au cas par cas, souvent par le bouche-à-oreille local, et se prêtent mal à une candidature envoyée en série.

Sage-femme, un diplôme d’État et rien d’autre

Aucune passerelle, aucune équivalence. Le Diplôme d’État de sage-femme constitue la seule voie d’accès à la profession : cinq années après le baccalauréat, dont une première année sélective commune aux études de santé, puis un concours pour entrer dans un établissement de la fonction publique hospitalière.

Cette sélectivité se lit dans les rémunérations. Selon France Travail, 80 % des offres proposent entre 2 200 € et 3 333 € brut par mois, la fourchette la plus haute de tous les métiers en S. Le volume, lui, reste réduit : environ 2 070 offres déposées sur douze mois, contre plusieurs dizaines de milliers pour le secrétariat. La difficulté de recrutement y est jugée élevée, ce qui place les diplômés en position favorable au moment de choisir leur établissement.

La secrétaire médicale recrute toute l’année

Changement complet d’échelle. Le secrétariat médical a totalisé 15 140 offres déposées auprès de France Travail sur douze mois, avec une difficulté de recrutement qualifiée de très faible : les employeurs trouvent des candidats sans effort particulier.

Ce confort côté entreprise se paie côté salaire. La fourchette s’établit entre 1 802 € et 2 215 € brut mensuels pour 80 % des offres, autrement dit un point de départ proche du minimum légal. L’accès reste ouvert : un Bac professionnel ASSP ou un titre professionnel de secrétaire assistant médico-administratif suffisent à candidater. C’est ce qui explique le nombre de postulants, et la pression qui s’exerce sur les rémunérations d’entrée.

Soudage, serrurerie, second œuvre : le bloc industriel

Ici, le rapport de force s’inverse. Le soudage affiche une difficulté de recrutement très élevée sur les fiches de France Travail, avec 31 070 offres déposées sur douze mois pour le métier de soudeur, auxquelles s’ajoutent 10 440 offres sur la seule spécialité MIG MAG. Les entreprises de chaudronnerie, de tuyauterie et de construction métallique cherchent des profils qualifiés sans toujours les trouver, et la pyramide des âges du secteur ne laisse pas espérer de détente rapide. Les départs en retraite des générations formées dans les ateliers des années 1980 se comblent mal, faute de candidats sortant en nombre suffisant des filières techniques.

Les salaires n’ont pourtant pas suivi la même pente. Pour 80 % des offres de soudeur, la rémunération s’établit entre 1 802 € et 2 123 € brut mensuels, un écart resserré qui laisse peu de marge de négociation à l’embauche. La tension se lit davantage en facilité d’accès au poste et en missions d’intérim payées à l’heure qu’en grille salariale revalorisée.

  • Soudeur, sur chantier ou en atelier de chaudronnerie
  • Serrurier métallier, entre pose et fabrication d’ouvrages métalliques
  • Scieur, sur machines de découpe en scierie ou en carottage de béton
  • Sableur industriel, chargé du traitement de surface avant peinture
  • Staffeur ornemaniste, spécialiste des moulures et des plafonds décoratifs
  • Solier moquettiste, poseur de revêtements de sol souples

Ces métiers en S partagent un point commun : ils s’apprennent en atelier, pas en amphithéâtre. Le CAP réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage option B ouvre la porte du soudage, quand les autres se préparent par un CAP du bâtiment complété par plusieurs années de terrain. Reste la question du corps. Positions debout prolongées, travail en hauteur, chaleur des postes de soudure : la pénibilité fait partie du contrat, et elle explique une bonne part de la difficulté que les employeurs rencontrent à pourvoir ces postes.

Métiers en S : liste par secteur, salaires et formations

Combien recrutent et combien paient les principaux métiers en S

Mis côte à côte, ces métiers racontent une chose simple : le volume d’offres ne prédit pas le salaire. Le service en restauration domine largement le classement avec 72 540 offres déposées sur douze mois, et propose pourtant la fourchette la plus basse du tableau. L’Onisep situe le début de carrière à partir de 1 867 € brut mensuels, hors pourboires et indemnités de repas.

Les fiches du référentiel MétierScope autorisent cette comparaison à méthode constante : même période de douze mois glissants, même mode de calcul de la fourchette sur 80 % des offres publiées.

MétierOffres sur 12 moisSalaire brut mensuel (80 % des offres)Tension de recrutement
Serveur en restauration72 5401 802 à 2 048 €Moyenne
Soudeur31 0701 802 à 2 123 €Très élevée
Secrétaire médicale15 1401 802 à 2 215 €Très faible
Soudeur MIG MAG10 4401 802 à 2 083 €Très élevée
Secrétaire comptable5 4801 802 à 2 400 €Très faible
Sage-femme2 0702 200 à 3 333 €Élevée

Deux enseignements ressortent de ce classement. Le métier le mieux payé de la liste, la sage-femme, est aussi celui qui ouvre le moins de postes : rareté du diplôme et rareté des offres avancent ensemble. À l’inverse, la secrétaire comptable atteint le plafond le plus élevé du secrétariat, jusqu’à 2 400 € brut mensuels, pour un volume de recrutement près de trois fois inférieur à celui du secrétariat médical. Un poste de secrétaire comptable se dispute donc davantage, à niveau de diplôme pourtant comparable.

La tension de recrutement mérite mieux que le coup d’œil rapide qu’on lui accorde. Une tension très élevée signifie que l’employeur peine à trouver : votre candidature pèse plus lourd, les délais d’embauche raccourcissent, l’expérience exigée s’assouplit. Un avantage réel sur les métiers du soudage, inexistant sur ceux du secrétariat.

Pour situer ces montants, le salaire médian en France donne le bon repère : la quasi-totalité de ces fourchettes se logent en dessous.

Le diplôme d’État verrouille certains métiers, le CAP en ouvre d’autres

Le niveau exigé varie plus fortement à l’intérieur de cette liste de métiers en S qu’entre deux secteurs différents. Deux régimes cohabitent : celui du diplôme obligatoire, sans contournement possible, et celui de la qualification professionnelle, où l’expérience acquise compte autant que le papier obtenu.

Le CAP et le Bac pro comme voie rapide

La majorité des métiers de l’industrie et des services s’ouvre à ce niveau. Le CAP réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage option B pour le soudage, le Bac pro commercialisation et services en restauration pour la salle, le Bac professionnel ASSP pour le secrétariat médical : chaque porte d’entrée porte un nom précis, et les employeurs le connaissent. Se présenter avec l’intitulé exact du diplôme sur son CV change la lecture d’une candidature en agence d’intérim.

Comptez deux ans après la troisième pour un CAP, trois pour un baccalauréat professionnel, avec une alternance possible dans presque tous les cas. La formation coûte alors peu : l’entreprise participe et l’apprenti perçoit un salaire pendant son cursus.

Quand le diplôme d’État est la seule porte

La sage-femme illustre le régime opposé. Le diplôme conditionne l’exercice, aucune validation d’expérience ne le remplace, et l’entrée dans le secteur public passe par un concours. Cinq ans d’études, pas de raccourci. Ce verrou protège les diplômés autant qu’il décourage les candidats tardifs : envisager cette profession à 40 ans suppose d’accepter un retour en formation initiale à temps plein, ce que peu de situations personnelles permettent réellement.

Se former en cours de carrière avec le CPF

Le Compte personnel de formation finance une partie des titres professionnels qui mènent à ces métiers. Le titre professionnel soudeur en fait partie : quelques mois de formation pour adulte, contre deux à trois ans par la voie scolaire classique.

Vérifiez le taux d’insertion des promotions précédentes avant de mobiliser vos droits. Deux organismes proposant le même titre n’obtiennent pas les mêmes résultats à la sortie, et l’écart se mesure à l’embauche, pas sur la plaquette de présentation. Demandez également la durée réelle des périodes passées en entreprise : sur un métier manuel comme le soudage, ce sont elles qui construisent le geste, et un centre qui les réduit vend une formation incomplète.

Se reconvertir vers un métier en S après 30 ans

Le réflexe consiste à partir du métier qui attire. L’approche inverse donne de meilleurs résultats : partir de ceux où la tension de recrutement joue en votre faveur.

Le soudage coche cette case sans discussion. Difficulté de recrutement très élevée, 31 070 offres sur douze mois, formation courte accessible par le titre professionnel soudeur : un candidat de 35 ou 45 ans y rencontre des employeurs prêts à former, situation rare sur le marché. Les métiers en S du secrétariat suivent la logique opposée, avec une difficulté de recrutement très faible. Arriver sans expérience du secteur médical ou de la comptabilité vous place derrière une file de candidats déjà formés au poste.

La validation des acquis de l’expérience ouvre une autre route pour qui a déjà exercé des fonctions proches. Un an d’activité en rapport avec la certification visée suffit à déposer un dossier, et le parcours se conclut devant un jury plutôt que par un examen scolaire.

Reste le cas des profils qui viennent du numérique ou souhaitent y entrer : les métiers tech sans diplôme obéissent à d’autres règles d’accès, où le portfolio pèse plus lourd que la certification. Sur les six métiers comparés plus haut, deux seulement exigent un diplôme long. Les quatre autres se rejoignent par une formation de moins de trois ans, alternance comprise. Le soudage et le service en salle embauchent même des débutants sortis d’alternance, avec un salaire versé dès la période de formation.

Sources

  • France Travail — fiches MétierScope des métiers en S, offres déposées et salaires proposés, 2026
  • Onisep — fiche métier serveur en restauration, salaire de début et formations, 2026

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